Fierté ou Survie ?

Année 8
Chakra bleu

Plusieurs heures de déambulation au sein de la forêt dans l'espoir de totalement perdre les potentiels renforts. Masashi était un as dans le domaine et il était particulièrement vigilent. Les heures passées et le repos se faisait de plus en plus ressentir, autant pour la Uzumaki que pour le Hattori. Déguisé en civil à l'aller, le Raïkage avait repéré un moulin inutilisé comme lieu de repos. Une fois que celui-ci fut perceptible visuellement par la Uzumaki, le ninja toujours recouvert de noir enleva son masque pour s'exprimer :

« Nous allons effectuer une halte de deux heures au sein de ce moulin abandonné. Je tiens à te signifier que je ne compte ni dormir ni te permettre la moindre chance de t'échapper. »

Masashi était un senseur et malgré le peu de précaution depuis le début de cette mission, il savait qu'il possédait un contrôle totale de la situation. Retirant ses bandages au niveau de ses mains, il rangea le tout dans son sac à dos. Les deux individus rejoignent bien rapidement le moulin, la végétation était preuve d'un manque d'entretien certain des environs.

« Il n'y a personne ici. Les champs ne sont plus fertiles dans les environs. »

Et les Hattori n'y étaient pas pour rien. Ils contrôlaient plusieurs fermes environnantes afin de permettre le retour de Kumojins avec une certaine facilité. Une fois face à la porte du moulin, Masashi se stoppa net et observa la Uzumaki relativement longuement avant de reprendre :

« Tu es libre de tes mouvements et je ne te menace plus. Si réellement tu te sens encore Konohajin, tu devrais immédiatement débuter une offensive. Du moins, c'est ce qu'un Hattori ferait dans ton cas. »

Masashi le gardait pour lui, mais il savait les Konohajins bien plus lâches et faibles.

Publié le 29/08/2019 à 23h14

Chakra bleu

Cela faisait des heures qu'ils marchaient à un rythme soutenu. Kara n'était pas ligotée mais elle ne se sentait pas libre pour autant. L'aura que dégageait son kidnappeur n'était pas commune et elle savait au fond d'elle que fuir ne ferait que provoquer sa mort. Depuis leur départ et jusqu'à l'étape, aucun mot n'avait été échangé par l'un ou par l'autre, les consignes se résumaient à de brefs gestes qu'elle se devait d'obéir pour assurer sa survie. La shinobi n'avait jamais été à Kumo, elle n'avait d'ailleurs jamais quitté les terres du pays du feu tout court, donc il lui était impossible d'estimer le temps de route. Elle n'aimait guère cette sensation et la situation tout entière, elle se contentait de suivre bêtement avec pour seul espoir d'arriver vivante à destination.

D'après les dires du Kumojin, leur village avait besoin d'un membre du clan Uzumaki donc sans doute l'homme avait-il pour consigne de la protéger si ils venaient à croiser un danger. Mais à présent pouvait-il réellement se permettre de la tuer en si bon chemin ? Il se débarrasserait de son seul atout et devrait rebrousser chemin pour trouver une autre victime. Mais Konoha allait sûrement être plus vigilant une fois que l'équipe de Kara aura prévenu de la disparition de la jeune femme.
Kara se forgeait déjà un plan dans sa tête lorsque le Hattori la sorti de ses réflexions par sa voix calme et tranchante.

Elle remarqua alors qu'ils étaient arrivés jusqu'à de larges champs, abandonnés pour la plupart, avec en leur centre un moulin aussi vieux qu'imposant. Les nouvelles directives étaient claires concernant l'escale et la gueule de Kumo se refermaient un peu plus sur Kara à chaque minute passées avec ce type. Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Tout son équipement de survie et son arsenal était resté au campement. Elle avait fait l'erreur de s'en séparer le temps d'entretenir ses armes et ne pouvait maintenant que savourer l'amertume d'une telle erreur de débutante. Il lui restait alors l'option du ninjutsu et du taijutsu mais étaient-ils réellement une solution face à un homme armés, aux techniques ou équipement visiblement à base de poison et qui avait clairement l'avantage de l'expérience du combat.

Une fois dans le moulin Kara s'asseya, presque boudeuse, sur les premières marches de l'escalier en bois qui donnait sur l'étage. Elle regardait fixement son ravisseur tout en se remémorant ce qu'il s'est passé depuis le début de la nuit. Peut-être que ce dernier a laissé échappé un faille, une faiblesse, que Kara pouvait exploiter pour se séparer du joug de son ravisseur.

« Pourquoi moi ? Suis-je juste la première venue ou est-ce que vous complotez contre moi depuis plus longtemps ? Je veux en savoir plus sur cette histoire d'énergie que mon corps va devoir ... héberger. Vu que l'on va hm... collaborer ? J'estime être en mesure d'avoir plus de cartes en main. »


Son ton neutre continuait de montrer son désaccord pour cette tâche, mais d'un côté qui le serait vu la situation en amont. Attendant la réponse, Kara scrutait l'intérieur du moulin depuis sa position, elle voulait s'assurer si il n'existait pas une sortie annexe, une fourche qui pourrait éventuellement servir d'arme ou toute autre élément intéressant sujet à tourner à son avantage. L'homme n'utilisait que des kunaïs jusque là, donc il était certainement plus à l'aise à distance mais pas de conclusion hâtive, il fallait toujours se méfier du "chat-tori" qui dort.

« Je ne suis pas un Hattori. »


Répondit-elle sur un ton sec tandis qu'il lui laissait plus de liberté à ses actions. Mais au fond d'elle, la rouquine se sentait de moins en moins Konohajin.

Publié le 31/08/2019 à 09h29

Chakra bleu

Masashi en était dorénavant certain, son choix était le bon. Cette femme semblait posséder une certaine motivation et ténacité face à l'adversité et elle ne tremblait que peu malgré la menace face à elle. De plus, elle était encore bien faible, bien trop attachée à son équipement pour tenter une offensive. Elle n'était sûrement pas très douée en Taijutsu, ses mouvements manquaient cruellement de fluidité. Le Hattori souhaitait justement se servir d'un ninja en formation afin de pouvoir aisément le forger tel un métal en fusion. Après avoir ouvert la porte du moulin, le Hattori constata un lieu vide et obscur. Une seule salle et une sorte de mezzanine. Un endroit parfait pour dormir et répondre à une offensive. Le Raikage était relativement sûr de lui, il était capable de mettre à mal bien des Konohajins rien que par la vitesse.

Restant silencieux face aux interrogations de la jeune femme durant plusieurs minutes, Masashi souhaitait clarifier sa supériorité. Il ne répondrait que par désir de le faire. Ainsi, tout en retournant un vieux saut de bois avant de s'asseoir dessus, il reprit :

« C'est concevable de veiller deux heures ici. Pourquoi toi ? Est-ce du hasard ? Oui et non. J'ai eu de la chance et je suis tombé sur une cible plaisante du premier coup. Tu es jeune et tu sembles encore faible. Ton équipe était suffisamment inexpérimentée pour tenter un kidnapping sans combattre. Ton esprit n'est pas encore corrompu par les mauvais enseignements de Konoha et je suis certain que tu peux être suffisamment intelligente pour coopérer. »

« Pour revenir sur cette énergie, il te suffit de penser à ton précédent Hokage, le tueur de Chikara, Uzumaki Gekido. Il disposait d'un amas de Chakra en lui. Nous n'en savons que peu. Ils se forment généralement aléatoirement et agissent comme des cataclysmes. Il a été décidé de te faire porter une telle chose pour définitivement comprendre cette énergie et nous en servir. Konoha est incapable de veiller sur celle-ci et d'en faire une arme, Kumo y arrivera. »

Le Hattori ne semblait point se méprendre et il était certaine de la réussite de son plan. Les inconnus étaient nombreux, mais pas suffisamment pour déstabiliser le Kage. Il finirait par transformer psychologiquement cette jeune femme et pour cela, il était capable de tout. Le sacrifice de Usagi était bien étrange et il semblait défier la logique même du Fuinjutsu des Uzumaki. Le lapin s'était joué de la mort pour se combiner à ce monstre de Chakra, restait-il un reste de sa conscience en sein de cette chose ? Masashi était totalement incapable de répondre à cette question, mais il savait que le lapin n'était point du genre à ne pas surprendre la galerie. Saisissant un Kunai de la poche droite de son sac de survie, le Hattori le lança à la femme.

« Je tiens à te le préciser, je déteste la faiblesse et je ne suis pas patient sur l'entraînement. Mon fils était déjà plus fort que toi à ses 5 ans. Tes mouvements sont lents et manquent de fluidité. Ton regard est évasif et tu ne cernes pas les possibilités. Franchement, j'ai même imaginé que tu acceptais déjà ta condition, mais je crois savoir que les Konohajins sont intéressés par le bonheur de vivre et qu'ils imaginent que leur patrie est meilleure. Chez nous, nous sommes francs. Un ninja est une arme et il est récompensé pour cela. Je te laisse ce Kunaï, car je ne crains rien de toi, mais aussi pour que tu puisses te défendre si besoin il y a.
Pour le moment, reposes toi. »

Masashi était volontairement hautain, il était déçu et simultanément satisfait des capacités de la femme. Déçu car il y avait beaucoup de travail, mais satisfait car elle était encore malléable. Exécutant peu de mudras, le corps du Kage se mit à chauffer, réchauffant par la même occasion la pièce à une vitesse peu habituelle. Le Hattori maîtrisait parfaitement le Katon et il s'en servait souvent en mission pour se réchauffer et continuer à profiter d'un confort satisfaisant.

Publié le 31/08/2019 à 13h40

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Chakra bleu

Kara écouta tout ce qu'avait à dire le kumojin, haussant parfois les épaules ou réagissant en remuant la tête et poussant des soupirs et ricanements exaspérés.

« Corrompus par les mauvais enseignements de Konoha ? Mais tu t'entends parler ? Et Kumo qui endoctrine ses enfants dès 5 ans ? Tu sembles te vanter que ton fils me surpassait déjà à cet âge mais laisses-le vivre sa propre vie à ton gamin plutôt que de lui forger un avenir à l'éffigie de son kidnappeur de père. Quel bel exemple paternel tu donnes. »


Lança-t-il pleine de sarcasme. Oui elle va devoir coopérer, par survie avant tout, ensuite elle verra ce qu'il est possible de faire avec cette énergie. Elle semblait liée à Gekido donc elle ne pouvait qu'être puissante. Kara ne connaissait pas personnellement l'ancien Hokage mais il était devenu une légende dans son village, comme étant le tueur de Chikara dans un premier temps, mais aussi grâce à cet immense chakra qu'il maîtrisait de façon exponentielle. Il était un exemple pour grand nombre d'Uzumaki mais il restait un guerrier, il a fait le bien autant le mal.

Kara suivi l'arme que lui jeta l'homme du regard, l'attrapant sans mal pour lui prouver qu'elle n'était pas aussi faible qu'elle le prétendait. Elle n'avait qu'une envie, c'était de lui planter son propre kunaï dans la gorge et de lui murmurer les quatre vérités tandis qu'il se vidait de son sang. Mais cette histoire d'énergie à maîtriser l'intriguait ... vraiment beaucoup. Elle qui se cherchait un but, une existence, voilà qu'on lui proposait de devenir une véritable arme ... mais pour un autre village que le sien. Elle allait devoir faire un choix, ou même plusieurs. En attendant, l'homme n'avait pas tort sur le fait qu'il leur fallait se reposer. Elle attrapa le kunaï et le serra dans sa main tandis qu'elle se cala contre le bois de l'escalier. Elle n'allait dormir que d'un oeil pour finir cette nuit.

« Kara. »


Elle se présenta ainsi avant de fermer les yeux.

Publié le 01/09/2019 à 14h18