Un nouveau départ

Année 8
La déchue
Chakra bleu

Sur l'ordre du gradé, trois hommes tout aussi vêtus de noir rentrèrent dans la luxueuse pièce pour déposer un coffre orné d'or, qui n'était pas sans rappeler la richesse qui éclatait dans ce lieu. Kara les regarda faire, impuissante, et laissa son regard planer sur eux, alors qu'ils repartaient d'où ils étaient arrivés ; avant poser ses yeux sur le mystérieux coffre. Elle resta un moment à inspecter visuellement l'objet, relevant de temps à autre la tête pour observer le comportement de son ravisseur. Que devait-elle faire ? L'ouvrir ? Elle ne pouvait plus reculer. Enfin, ne pouvait-elle vraiment plus, ou souhaitait-elle juste ne pas le faire ? Elle tendit le bras, curieuse de voir le contenu du coffre, soit-disant une jarre au renfermant un destin. Son futur destin. Changer tout ce quotidien, tout arrêter pour repartir de zéro, avec une nouvelle elle, une nouvelle Kara. "Au moment où tu la toucheras, ta vie changera." Des paroles qui résonnaient en écho dans sa tête. C'était tentant.

Elle déposa ses mains autour du coffre, dans une délicatesse presque maternelle, comme si elle chérissait déjà ce qu'il y avait à l'intérieur. Ses pouces vinrent déclipser les deux accroches retenant le couvercle de sa base dans un "clac" singulier ; puis se glissèrent dans la jointure pour ouvrir ledit coffre. Le contenu dévoilé, Masashi eut jusque-là raison, une jarre reposait à l'intérieur, faisant à présent à la Shinobi. Les contours du récipient présentaient de légères fissures, trahissant l'ancienneté de l'objet ou sa fragilité. Ou bien était-ce son contenu qui luttait pour s'extirper de cette urne scellée ? Difficile à croire que cette jarre, d'apparence plus que normale, refermait un soi-disant chakra aux propriétés si puissantes qu'elles changeraient le destin d'une Shinobi pour un odysée légendaire.

Maintenant qu'elle avait ouvert le coffre, et pu constater qu'aucun piège ne semblait s'être déclenché, elle venait de faire le plus dur n'est-ce pas ? Il lui suffisait à présent de simplement toucher la jarre devant elle pour tout faire basculer. Cet objet anodin, immobile, servant de prison à une chose dont l'homme ne semblait même pas avoir donné de nom. Un geste si simple, si facile à éxécuter, qu'il en devenait effrayant. Kara déplaça son bras droit en direction du réceptacle, elle était proche. Regardant inexorablement son membre se déplacer vers ce qui lui paraissait être inévitable ; comme si il était animé d'une force intérieure qu'elle ne contrôlait pas. Etait-elle inconsciemment attirée vers son contenu ? Probablement. Au fond d'elle, Kara avait peut-être toujours attendu un moment comme celui-ci, où elle avait la chance de pouvoir écrire une histoire ; son histoire.

Sa main ne reculait pas, alors que l'index se dégagea du reste des doigts pour tendre un peu plus vers le destin ; dans un mouvement aussi lent que lourd, comme si le temps était ralenti. Comme si autre chose luttait contre cette décision. Une autre partie d'elle. Alors que son esprit et ses pensées actuelles étaient dirigées cet horizon qui lui tendait les bras ; son coeur et ses souvenirs étaient bien loin de cet endroit. Combattant dans une lutte acharnée pour faire resurgir des instants précieux, des moments de joie, de tristesse, d'amour, des souvenirs d'une époque où le temps aurait pu s'arrêter, où tout aurait pu s'éffondrer, que Kara s'en serait foutu royalement.

Une époque pas si lointaine d'ailleurs, car elle ne remontait qu'à une poignée de jours, la veille de son enlèvement pour être plus exact. Une soirée, une nuit, quelques heures, que l'alcool avait balayé dans son sillage, ne laissant que des brides d'images et de sensations. Une chaleur intense, la douceur d'une caresse, le goût d'un baiser, et une passion plus enivrante que n'importe quelle boisson.
Qu'allait-il penser d'elle à présent ? Allait-il la détester ? Souhaiter ne plus la revoir ? Vouloir la tuer ? Malgré le fait qu'elle savait que Konoha allait poursuivre des recherches sur sa disparition, elle espérait d'un côté qu'aucune d'elles n'aboutissent, pour ne pas avoir à se confronter à son regard, son jugement.

Ses dernières pensées, tournées vers celui qu'elle aimait, son doigt termina sa course au même moment. L'instant sembla se figer, elle écarquilla les yeux, surprise du contact de la jarre avec sa peau. La seconde suivante une énergie s'empara d'elle, immense, incontrôlable, s'infiltrant vicieusement au plus profond de son être. Kara attrapa vivement son crâne entre ses mains, subissant une quantité astronomique d'informations qui défilaient dans son cerveau. Le flot était si intense, si rapide, si brouillon, qu'aucune image n'était perceptible, ne laissant qu'une sensation de fragments décomposés sur son passage.

Dans son corps elle remarqua un changement, une présence, bestiale mais pas agressive envers son nouvel hôte ; mais qui au premiers abords ne sembla pas dôté d'une conscience. Elle ressentait aussi un chakra, différent du sien, autant dans sa puissance, dans sa couleur, que dans les sensations qu'il partageait. Il se mélangea au sien, comme si il la dévorait de l'intérieur, mais sans aucune douleur. Son corps était à présent possédé.

Publié le 26/05/2020 à 18h34

Chakra bleu

« Satisfaisant. »

Un seul et unique mot suffit au Kage pour exprimer son ressenti. Il se fichait bien du bien-être mental de cette jeune femme et il n'avait jamais eu l'intention de lui apporter un quelconque appui psychologique. Son air supérieur couplé à son habit noirâtre lui offraient une allure bien sinistre. La femme ne semblait pas vraiment à l'aise et elle allait avoir besoin de temps pour cohabiter avec cette chose. Ce Miwaku qui était-il ? Pourquoi attaquer en laissant une telle puissance derrière lui ? Un son de cloche se fit entendre, Hidemi attendait le Raikage.

« Je vais te laisser, Uzumaki. »

Ce lieu n'était pas bien loin du bureau du Raikage et il était suffisamment enfoncé dans le sol pour éviter toute infiltration. Masashi avait fait en sorte de n'offrir aucune chance à ses ennemis de rencontrer Kara, celle-ci n'était entourée que par des fidèles Shinayaka. Le Hattori le savait, sa cousine n'était pas encore totalement effacée. Bien que son soutien était important pour le village, Hidemi perdait patience et cela, il n'allait pas tarder à le ressentir. Il prit soin de fermer la lourde porte et prit la direction de son lieu de travail.

Publié le 09/06/2020 à 10h49