La sirène et le monstre

Année 10 | Printemps
La Sirène Élémentaliste
Chakra bleu

Depuis son combat contre le Kaguya il y a quelques jours, Kioko n'arrêtait pas de se réveiller au milieu de la nuit en sueur, avec une image de ce monstre cornu en sang. Jusque là ce n'était pas vraiment un cauchemars. Juste un peu glauque. Le pire était qu'il la regardait en souriant. Un vrai sourire, comme celui qu'on adresse à un ami.
A nouveau cette nuit là elle se réveilla en sursaut. Elle se leva, s'assit un moment dans son lit la tête dans les mains. Combien de temps allait-il encore la hanter ? Elle n'avait rien fait de mal ! Elle s'était juste défendue, pour sa survie ! Etait-il mort ? Ou gravement blessé ? Ou peut-être était-ce devenu un gladiateur reconnu ?

« Sors de ma tête ! Dit-elle en s'engueulant elle même. »


La kunoichi se leva brutalement. Elle ne pouvait pas passer encore une nuit à se torturer. Elle ouvrit la porte de sa cellule -son "pacte" avec Hidemi lui avait donné quelques passes-droits. Et s'adressa au premier gardien qu'elle trouva. Il était à moitié endormi sur sa chaise, elle le secoua donc pour le réveiller.

« Hep ! Hep ! Je cherche un Kaguya là ... Tu sais celui que j'ai combattu la dernière fois .. Il est prêt d'ici ? »


Elle tutoyait tout les gardes car après 3 ans passés tous les jours avec eux, c'était devenu ses amis imaginaires (car eux ne voyaient pas cela de la même façon). Le gardien grogna et lui montra du menton une cellule au bout du couloir. La jeune femme s'approcha de la cellule et jeta un coup d'oeil par la porte qui était en fait des barreaux. Il était là. En vie. Elle eu un soulagement qu'elle regretta immédiatement. Après une courte hésitation, elle réveilla l'homme endormi.

« Eh toi .. t'es en vie alors. »


Publié le 10/09/2020 à 23h47

Chakra bleu

« ..... »

Était-ce la nuit? Ou étions-nous en pleine journée? Mon regard se tournait vers le plafond humide de ma cellule, le temps paraissait n'être qu'une ancienne légende, comme si depuis tout ce temps, je tournais en boucle dans la seule et même journée. Entre deux pensées et remise en question de ma misérable condition, quelques spasmes de douleur me stoppais dans mes réflexions. Les blessures étaient encore présentes, notamment au niveau de mon torse où les brûlures avaient dû mal à disparaître. Dans des conditions normales, j'aurais mis seulement une journée à me remettre de mon combat et des nombreux que j'avais reçu. Mais ici, aucun médecin, aucune once de peine pour les prisonniers dans mon genre. On m'avait simplement déplacé dans l'aile des gladiateurs, sans pour autant prêter attention à mon corps meurtri. On m'avait traîné jusqu'ici avant de me balancer au fond de ce cachot, un peu moins humide et un peu moins sale certes, mais toujours à la limite de l'humanité. Je restais, à la vision des gardes, un animal en cage.

Seule petite lueur d'espoir et petite avancée de ma condition, je n'étais plus enchaîné au plafond par d'énormes chaînes, juste mes pieds étaient liés l'un à l'autre pour éviter que je puisse m'enfuir. De toute façon, qui serait assez fou pour tenter l'impossible avec un corps meurtri, affamé et assoiffé. Les conditions des détenus ici étaient particulières, si certains pouvaient "presque" circuler librement, d'autres, comme moi, devait rester terrer dans leur cellule, ou une peine radicale leur serait infligé.

« Hmmm.. »

Je ressentais comme une légère vague de mouvement non loin de ma cellule, où certaines personnes semblaient discuter ensemble de manière assez vive. J'avais pour l'habitude de ne pas prêter attention aux différents entre les prisonniers et les gardes, mais là, les deux voix venaient de l'extérieur des cellules. Je restais pourtant allonger là, sur un fin bout de tissu qui m'empêchait seulement de dormir à même le sol, quoi qu'il n'y avait pas grande différence. Une petite voix, quelque peu familière semblait s'adresser directement à moi. Je me redressais lentement, le corps encore meurtri et blessé.

« ... »

Un petit moment de silence s'installa, quel fut ma surprise de voir la sulfureuse diva s'adresser directement à moi depuis l'extérieur de ma cellule. Nul doute que les gladiateurs de renom avaient certains passe-droits dans ces geôles. Cela faisait depuis notre combat que je ne l'avais pas revu, ni même entendu parler d'elle. Beaucoup de questions se posait alors dans mon esprit, mais une seule retenait mon attention...

« Tiens, ravi de vous revoir, vous me voulez un truc en particulier? »

Toujours ce ton calme et nonchalant, qui, malgré les coups durs et les conditions misérables, ne m'avait jamais quitté. Que pouvait-elle bien me vouloir? Tel était la question. Mon regard restait posé sur elle, tandis que mon corps s'asseyait sur le sol, les bras posés sur mes deux genoux.

Publié le 11/09/2020 à 14h46

La Sirène Élémentaliste
Chakra bleu

Le Kaguya se retourna vers elle. Il était allongé sur le sol -ou presque-, et elle pouvait voir sa peau encore meurtrie de son katon. Elle fit un pas en arrière en voyant ces blessures. Bien entendu, personne ne l'avait soigné. Il allait devoir cicatriser seul, et cela allait prendre du temps. De la même façon que Kioko avait son bras abimé par le combat. Mais c'était quand même moins que lui .. Il lui parla alors, mais elle n'entendit pas vraiment. Elle regardait ces blessures avec des gros yeux. Puis soudain elle se ressaisit et tressaillit :

« Heu non je ... Comment tu t'appelles ? Moi c'est Kioko ... »


Elle marqua une pause ou elle inspecta du regard les coins de murs de la cellule du Kaguya. C'était probablement une des plus dégoûtante cellule de l'aide des gladiateurs. Mais elle décida de ne pas faire de remarques car s'il venait "d'en bas" cela devait être bien pire. Kioko n'y était pas resté longtemps, son physique avait rapidement été repéré et elle avait été jetée dans l'arène comme dans une fosse au lions. Elle avait mis plusieurs moi a gagner en popularité auprès du public à gagner la confiance des gardiens ... Si bien qu'elle avait attiré également l'attention de Hattori Hidemi, représentante du Kage. Pour cette dernière, elle ne savait pas encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Quoi qu'il en soit, elle était toujours là, prisonnière comme tout le monde.

« Je venais juste voir si .. t'était en vie quoi ... Tu n'étais pas beau à voir à la fin de notre combat. »


Elle fit une esquisse de sourire en essayant d'être un peu amical. Après tout, il fallait apprivoiser ses démons pour espérer pouvoir dormir enfin tranquille.

Publié le 13/09/2020 à 16h33