Un petit matin bucolique

L'intendante

Petit matin, heure du départ.

Les commerçants étaient déjà en train d'entrer et sortir de la ville et la journée s'annonçait déjà drôlement mouvementée. Rien d'anomal en début de saison, les festivals n'allaient pas tarder à se succéder durant les soirées de grande chaleur signifiant de nombreuses beuveries et des chants aussi stupides les uns que les autres. Hidemi était habituée à constater cela de sa fenêtre sans s'avouer l'envie d'y participer et déguster des boules de poulpe en souriant à ses amis. Pour cela, il était nécessaire d'avoir des amis et la terrible intendante n'en disposait pas. Était-ce un regret ? Oui et non, elle vivait ainsi et elle faisait avec en s'accoutumant de sa propre peine et en l'ignorant au fil du temps... Pour dire, la Hattori était totalement incapable de décrire ce qu'elle aimait et ce qu'elle détestait exactement. Trop prise par son exercice professionnel, elle s'habituait à pester sur exactement tout sans jamais s'avouer qu'elle était potentiellement le problème à ses propres maux.

Habillée d'une tenue noirâtre, la femme disposait d'un gilet rembourré, généralement signe que l'individu n'était pas une membre des forces d'extermination du village de Kumo. Elle était en mission sans se trimbaler une ombre avec elle, chose relativement rare à Kumo. Ce n'était pas habituel, Hidemi était plutôt du genre à toujours partir en mission avec une protection à distance afin de négocier sans crainte d'une embuscade. Malheureusement, Genichi n'était plus le même et il semblait plus occupé à autre chose dorénavant... Au fond d'elle, la tyrannique demoiselle ressentait comme un colère, mais ne confondait-elle pas cela avec de la nostalgie ? Quelques minutes plus tard, l'intendante remarqua l'arrivée de Miwaku Kazuko.

« Bonjour Kazuko. Pile à l'heure. C'est parfait.
Malheureusement, Asae ne semble pas aussi enthousiasme que toi. »

Malgré des paroles sympathiques, la Hattori semblait plus froide qu'en temps normal avec la jeune membre du clan des Geishas. Elle ne savait pas vraiment comme l'exprimer, mais elle ressentait une certaine crainte de trop en dire à son sujet. Bien que plus agée que Miwaku Kazuko, Hidemi avait l'impression d'avoir des lacunes sur de nombreux sujets. À travers ses lunettes, la couleur rougeâtre du soleil levant ravissait les environs, celle-ci semblait illuminait le visage des quelques porteurs plus endormis qu'éveillés.

Publié le 28/09/2020 à 20h08


C'était bientôt l'heure de partir pour de nouveaux horizons. Des choses que la Miwaku ne connaissait pas, elle qui n'était jamais sortie du village de Kumo. Elle faisait les derniers briefing avec sa petite sœur pour s'assurer que celle-ci restait sage durant sa longue absence. Si jamais, elle prévoyait le coup en informant plusieurs membres de son clan pour qu'ils pouvaient garder un œil sur elle. Tout fois elle ne s'alarmait pas et connaissait les capacités de la fillette, elle s'en sortira aisément. Oh là là ! L'heure tourne, toujours et encore. La femme vérifiait si elle avait tout, enlaçait la chipie d'une longue étreinte et se hâtait de sortir de la maison pour aller aux portes du village. Sur son chemin elle rencontrait deux, trois... plusieurs ivrognes, quelques troubadours jouant de leur instrument et chantant à tue tête avant d'arriver au point de rendez-vous. Elle voyait au loin Hidemi qui lui adressait la parole. Elle semblait à la fois contente à sa façon de regarder Kazuko, mais froide par le ton qu'elle employait. Le sourire aux lèvres, le regard doux et d'un ton chaleureux, la jeune fille saluait le petit groupe.

« Quelle plaisir de vous revoir, lady Hidemi. »

Scrutant les environs, elle cherchait Asae du regard et ne l'apercevait pas pour le moment.

« Dame Asae n'est pas encore arrivée ? »

Publié le 28/09/2020 à 21h17

L'intendante

« Malheureusement, Miwaku Asae semble se désintéresser de cette mission. J'ose espérer ne pas devoir me rendre chez elle pour la sortir du lit... »

La Okasan du clan était bien étrange depuis la condamnation de mort de Hattori Kazuna, elle semblait comme étrangement impactée par cette mort. Il était connu que celle-ci en voulait énormément à l'ancienne vipère de Kumo, mais de là à devenir invisible de la sorte... Il était clair comme eau de roche que Miwaku Asae en voulait à Shizuka. Et malheureusement, ce n'était que le début, l'Impératrice avait décidé de lui retirer toute possibilité de révolution en lui soustrayant la majorité de ses forces du crime. Cette mission n'était qu'un moyen de profiter de son absence pour agir plus aisément. Contrairement à Hidemi, Asae était officieusement surveillé par deux ombres et l'intendante ne s'inquiétait nullement de cela. Les deux jumelles devaient veiller au bon déroulement des opérations. La Okasan devait suivre le convoi et la mission devait impérativement se réaliser. Malgré sa demande expressive, Shizuka avait souhaité que des ombres soient attachées au groupe, démontrant ainsi une certaine méfiance vis à vis de l'intendante. Logiquement, celle-ci devait pouvoir diriger la mission, mais était-ce véritablement le cas ? Au loin, le palanquin de Asae semblait enfin se profiler...

Pour observer malgré le soleil rougeâtre, Hidemi usa de sa main droit pour s'en cacher.

« Elle arrive avec 5 minutes de retard, nous ne pouvons pas trop nous plaindre. »

Après quelques secondes, sans que la Okasan prenne la peine de se montrer, Hidemi prit la parole :

« Nous pouvons donc y aller... »

Prévisible, Asae n'était pas venue seule, elle était accompagné de deux hommes totalement inconnus au bataillon... De simples Miwaku, des étrangers ou des Miwaku connus et se camouflant derrière une apparence quelconque ? Le petit groupe se mit alors en route tandis que les deux ombres jumelles suivaient le convoi de loin...

Publié le 30/09/2020 à 14h56


Après cinq minutes d'attente l'héritière de l'Okasan apparaissait. Cela faisait si longtemps que les deux femmes ne s'étaient plus aperçu. Kazuko faisait une révérence pour montrer son respect avant de saluer la retardataire. Son visage reflétait de la joie, elle qui habituellement ne montrait que très peu ses sentiments.

« Dame Asae, quelle joie de vous revoir. Cela fait un bon moment que nous sommes sans nouvelles... Tous les Miwaku s'inquiétaient pour vous. J'espérais que tout allait bien pour vous ? »

La femme n'avait que faire des paroles de la Miwaku, elle était assise dans son palanquin avançant jusqu'à Hidemi sans dire un mot. Ce n'était plus la jeune fille dont se souvenait Kazuko. Son visage devenait un peu plus sombre et réservé. Quant à sa mission, elle s'annonçait plus difficile que prévu, car les deux femmes devaient nouer des liens, mais l'Okasan restait de glace à sa petite attention. Deux inconnus l'accompagnaient, fixant la jeune femme d'un regard sévère. Elle comprenait aussitôt que si la femme ne répondait pas à ses salutations, c'était à cause de ces deux hommes qui l'observaient dans ses moindres gestes et écoutaient tout ses dires. L'Hattori aux lunettes nous ordonnaient de nous mettre en route pour le long voyage que nous devions faire.

« Bien, lady Hidemi ! »

Et sa quiétude ne faisait que grandir, les deux jumelles de Kumo étaient là aussi. Leur réputation était salie et la danseuse ne connaissait rien d'elles. Elles non plus ne se donnaient pas la peine de se présenter et restaient à l'arrière du convoi.
Soudainement, une vision transperçait la jeune fille à la même vitesse qu'une flèche en plein cœur... Les ennuis allaient venir prochainement et plus vite que tout le monde ne le pensait.

Publié le 01/10/2020 à 12h57