Le botaniste

Année 10 | Printemps
Au poing divin
Chakra bleu

Seijuro rejoignait son logement en traversant le village qu’il reconnaissait tant bien que mal, malgré les quelques différences par rapport à ses souvenirs. Les bâtiments avaient vieilli par l’érosion du vent et des différentes pluies, rappelant qu’ainsi, rien n’était immuable, et que le temps finissait par caresser toute chose en ce monde. Les ruelles marchandes semblaient suffisamment animées pour entretenir un « bon vivre », mais pour autant… Il n’y avait plus cette chaleur d’antan. Autrefois, le village était prospère et promis à une douceur enivrante. Désormais, c’était un nouveau visage, terni sans aucun doute par les différents événements des dernières années. Seijuro ne pouvait s’empêcher d’imaginer que Konoha ne survivrait pas éternellement de cette façon, que l’actuel n’était en proie qu’à l’éphémère, et qu’à cette allure, aucun lendemain n’était promis à chacun. Combien de temps cela prendrait-il ? Personne ne pouvait réellement le déterminer… Et pourtant, il en était comme un ressenti tacite.

La nouveauté première, était finalement le jumelage des Kirishitan avec la population du village caché de la feuille. Désormais, le monde arborait de nombreux visages colorés, et ces derniers semblaient s’être parfaitement entichés de leurs nouveaux foyers. Moji, ce puissant guerrier était-il dans le village désormais ? La cheffe des Kirishitan, qui semblait être si redoutée était-elle, elle aussi, devenu une pièce d’articulation majeure de la politique et de la puissance armée ?

Dans le fond, il existait un ridicule quant au fait d’accueillir un nouveau peuple, alors que Konoha n’était que la terre promise de déchirure intra-clanique, et cela depuis de trop longues années. Les Kirishitan étaient-ils tenus informés des antécédents de Konoha ? Connaissaient-ils le passé trouble du clan à la chevelure de feu ? Savaient-ils que les Chikara et les Uzumaki se ressemblaient au point d’alimenter le fratricide depuis des décennies ? Et que savaient-ils du clan Kitto ? Probablement le clan le plus désuni et le plus hétérogène de tous les villages du Yuukan. Les personnalités plus inhospitalières et plus lugubres les unes que les autres… Comment une telle présentation pouvait-elle attiser l’attrait alors même que l’essence et l’âtre du village semblaient s’être consumés en même temps que la dernière tentative d’extermination clanique ?

Pourtant, les villageois souriaient. L’obscure n’était qu’une dissimulation illusoire.
Le pavillon poussiéreux de son habitation semblait avoir été victime des mêmes désagréments du temps que le reste du village. Cependant, du bois fleuri, robuste et de toute évidence récent avait été apposé pour rafistoler et rafraichir l’ornement de la vieille bâtisse. Son charme était inavouable, mais les quelques restaurations semblaient de bon augure. La main sur le poignet, un craquement du plancher extérieur se faisait entendre. Un pas souple était en approche.

Publié le 15/09/2020 à 16h49

Echtaphrène Black Jaguar
Chakra bleu

Putain, c’est la lose. Je guette.

Je guette quoi ? Bah j’guette juste le temps qui passe. Et on s’emmerde un peu justement depuis quelques temps. Il ne se passe rien qui me concerne, d’ailleurs je me sens concerné par rien ni personne. Alors j’guette ouais. J’guette le passé et j’guette le futur, au point que j’finis juste par en oublier le présent. Le passé c’est la galère souvent, et ça m’agace en plus de me tordre le cœur. Ouais, j’me souviens pas de tout, et souvent j’oublie. Je sais pas si je fais exprès ou si je fais semblant, j’sais pas si c’est un filtre de mes petites cellules là-haut, mais des fois mieux vaut oublier. Ouais, parce que j’avais déjà pas grand-chose avant, mais là c’est pire. Depuis que Kusojiji s’en est allé, je crois que j’y ai perdu un truc. Pourtant je le connaissais pas beaucoup l’vioque, mais y avait un truc. Après je sais bien, c’est la loi de la nature, il était vieux, bla bla bla… bla bla bla… Mais lui il avait compris. Et lui il me voyait pas comme un barjot à foutre dans un coin. Lui il était intéressé, et lui il me parlait sans mauvais bails. Du coup, j’ai moins de bosses sur le crâne maintenant, mais je me sens vide.

Alors j’guette… J’guette ce putain de futur qui s’immobilise. Je crois qu’il essaie de me tester, ou alors il se fout de ma gueule… « Tu es prédestiné à de grandes choses »… Ouais… Mais… Là pour le moment les grandes choses sans grandement incompréhensible et grandement éloignées. Je fous rien de mes journées. On est arrivé il y a déjà un moment dans ce bled paumé, tout ça pour « sauver » le peuple d’Iwa. Mais je crois qu’ils ont pas compris qu’ici, on était finalement dans un trou à rat, dans lequel on a finit par perdre notre identité. Ils se jumellent tous les uns aux autres, prêtant main blanche pour se laisser croire qu’on se ressemble. Mais c’est faux, personne n’y pige quoi que ce soit à Mère Nature ici… Et puis, nos plus hauts ont fini par finir si bas qu’ils sont tous enterrés. Pfff… Iwa c’est le passé aussi alors finalement.

Alors j’guette encore et toujours. J’ai acheté une petite maison en plein centre. Et j’guette, j’guette voir le voisinage, y a souvent une petite dame que je vois danser chez elle. Il est même arrivé qu’une fois, je dis bien une foutue fois seulement, qu’elle prenne sa douche en ayant la fenêtre ouverte. Mais waouh qu’est ce que c’était bon. Hein, même pour toi, tu peux le dire que c’était bon ?
Mais non je sais bien, il y a rien à faire. Ca fait des mois que c’est comme ça, que tu me regardes sans me regarder, que tu me parles sans discuter, que tu disparais alors que moi-même je faiblis. Je ne sais pas ce qui nous est arrivé… Mais je ne te vois presque plus, je ne te ressens presque plus… Qu’est-ce que tu me fais ? Depuis tout ce temps, c’était du vent ? J’avais fini par me laisser convaincre, et puis j’avais fini par y croire… Mais toi, depuis qu’il n’est plus là… Tu te fais la malle ? J’y crois pas à tes histoires de vieillesse… Et ça fait trop longtemps qu’on se côtoie pour que tu ignores clairement que je ne verrai pas forcément l’avenir lointain. C’est toi-même qui me l’avait dit… Ils sont rare à passer la trentaine… Alors guette moi… Guette moi juste une fois…

Il avance vers moi ? C’est qui lui ? Ah… Tu crois que c’est lui le proprio de cette baraque ? Putain, depuis que je suis arrivé c’est complètement vide, je croyais que le proprio était claqué, enfin c’est ce qui se disait jusque-là.

« Hoy hoy hoy ! »


C’était quoi ça ? L’appel d’un sentiment de solitude ? Foutaises…

Publié le 15/09/2020 à 19h03

Au poing divin
Chakra bleu

Alors qu'il s'approchait de l'antre de chez lui, une voix rauque retentit comme pour avertir d'une présence. Rapidement, le sabreur fit demi-tour sur lui-même, comme pour réagir à une menace soudaine. Il n'avait pas l'habitude d'être approché de la sorte. Quel fou oserait ainsi se présenter, dos à l'opposant, s'il ne s'agissait pas d'une menace ? Pourtant, la voix parlante signifiait tout l’inverse. Peut-être était-ce simplement un sot maladroit ? En se retournant, Seijuro fit face avec stupeur à un étrange personnage. Sa couleur de peau témoignait de son appartenance au clan Kirishitan, un afro ubuesque, un aspect chétif avec une maigreur constatable. Il n’était plus tout jeune, assurément. La lame instantanément dégainée, se ployant à côté de la gorge du Kirishitan.

« Qui es-tu ? N’est-ce pas là une drôle de manière de se présenter ? »


La scène était atypique, les deux hommes se jaugeaient, et pourtant Seijuro ne se voulait pas menaçant, il était davantage sur une présentation défensive, avec un semblant de bluff. Après tout, il était épuisé des derniers événements, et la seule chose qu’il souhaitait dans le fond, c’était de pouvoir rentrer paisiblement chez lui, déposer ses affaires et renouer de source avec ses anciennes habitudes. Il avait des gens à voir, il avait des questions à élucider. Lui, l’homme à l’afro ne l’intéressait guère, et son mode de présentation était peut-être typique des Kirishitan. Ce n’était pas très étonnant, Moji lui-même, avait été un brave type qui cependant, n’avait clairement pas les mêmes codes que les Konohajins pour se présenter.

« Que me veux-tu ? »


La lame de son arme était émoussée par le temps, sans la possibilité de la faire aiguiser de nouveau. Pour autant, une lame émoussée n’en n’est pas moins que le plus poignant témoin de l’activité de cette dernière. Le Kirishitan avait tout intérêt à se mettre à table rapidement. Seijuro n’était pas, dans ces conditions, l’homme le plus patient de Konohagakure.

Publié le 20/09/2020 à 13h41

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Echtaphrène Black Jaguar
Chakra bleu

Putain… Mais je suis où là ? C’est quoi ce village de taré sans déconner ? Et c’est qui lui, l’espèce de malade qui me menace directement avec son sabre ? Ça commence sérieusement à m’saouler de tomber sur des barges de ce genre… J’lui ai rien fait sérieux, et en deux secondes ça lui monte au crâne, et monsieur trouve pour seul manière d’établir une rencontre, que de me menacer avec son sabre, sous la gorge. Et merde… Je vais me tirer de là comment moi ?
Par contre, il y a des choses qui ne trompent pas. Son regard… Il a quelque chose ce type, ah ça oui assurément. Il n’a pas le regard plein de tendresse, rien d’hagard… Mais il n’a pas non plus les yeux d’un tueur, d’un meurtrier. Son âme… Je la perçois, et je suis sûr que toi aussi Hyotsume, tu n’y crois pas à sa prétendue menace… Ce type, il a les yeux emplis de tristesse, plein d’incertitudes… Le foutu paradoxe. Je me contente de saluer un nouveau voisin, et je suis menacé directement, et pour meilleure réaction je me retrouve à essayer de faire de la psychologie. C’est quoi l’étape d’après ? J’ouvre un institut de psychothérapeutique et je me laisse menacer par tous les tarés du coin ? Je ne sais plus ce que je dois faire… Sommes-nous seulement à notre place ici ? Hein Hyotsume.. ?

Alors je le regarde ce type, fermement. J’suis plus tout jeune, et il y a plein de choses que j’ai compris sur cette vie. L’une d’entre elle, c’est de s’offrir à la mort pleinement, si je dois valser avec elle pour mes derniers instants. Je n’ai pas peur, non ! Je n’ai absolument pas peur de mourir. Et pourtant, dans cette situation étrange, je me trouve étonnamment calme. Je n’essaierai pas de détourner sa lame, dans tous les cas je ne suis pas très fortiche pour le combat rapproché, lui en revanche, il a une carrure taillée dans la pierre… Alors même si je voulais tenter quoi que ce soit, je finirai sûrement rasée comme les tristes traînées des anciens temps, qu’on punissait pour perversion de leurs corps… Ah… Ce que j’aurais les connaître ces femmes, me laisser rugir sur leur corps, pendant que seules nos sueurs crieraient d’effroi. Mec, attends ! Tu déconnes là… T’es vraiment en train de partir sur des pensées cochonnes ? J’suis vraiment un barge parfois, je comprends ces gens qui m’évitent, je crois que moi-même, je commence par ne plus me supporter. Non mais sérieusement je suis relou avec ça, j’arrête pas, mes défauts de concentration… Mère Nature, je crois que tu as fait de moi un mauvais fils.

Alors, je le regarde toujours. Je ne baisserai pas les yeux. Lui, ne baissera pas sa lame. Mais, c’était de cette manière que nous nous étions rencontrés. Il était prétentieux, un regard plein d’orgueil… Mais il était seul. Et finalement moi aussi. Il était différent tandis que moi j’étais unique. Ce moment… C’était chelou finalement…

« ~ Hoy hoy hoy ~
Baisse donc ta lame, guerrier. Je ne te veux aucun mal. J’imagine que tu habites ici ? Je suis Kirishitan Hadô, et je suis celui qui me suis occupé d’entretenir ces lieux durant ton absence. »


« Ne penses-tu pas que ta lame devrait être orientée vers une meilleure cible ? »

Publié le 20/09/2020 à 20h24

Au poing divin
Chakra bleu

« « ~ Hoy hoy hoy ~
Baisse donc ta lame, guerrier. Je ne te veux aucun mal. J’imagine que tu habites ici ? Je suis Kirishitan Hadô, et je suis celui qui me suis occupé d’entretenir ces lieux durant ton absence.
Ne penses-tu pas que ta lame devrait être orientée vers une meilleure cible ? » »


L’homme à l’afro ne semblait pas se défiler, il ne semblait pas même craindre pour sa vie. Seijuro le regardait jusqu’alors avec une certaine forme de dédain. Lorsque son vis-à-vis s’exprima, le Junin changea de posture. L’homme avait raison. Que se passait-il dans la tête du Kitto pour ainsi menacer un Konohajin. Les Kirishitan n’étaient pas présents dans le village depuis longtemps, et Seijuro était loin d’être familier avec eux, et pourtant, ils étaient des konohajins à part entière. Alors, pourquoi brandir la lame sous la gorge d’un de ses compatriotes, afin de le faire ployer ? Ce n’était que l’aveu, que la confession d’une semi-perdition. Il ne savait plus quoi penser, il ne savait plus quelle était sa place. Mais qu’aurait dit Jirou s’il avait assisté à une telle scène ?

C’était donc grâce à ce quarantenaire que les lieux étaient encore proprement boisés, proprement fleuris ? La poussière ne s’était pas promise comme maîtresse des lieux, devant l’habitation abandonnée, par les efforts d’un homme que le Kitto n’avait fait que de menacer… D’ailleurs, le Kirishitan semblait s’y connaître un peu en terme floral. Peut-être pourrait-il même intéresser le Kitto qui s’était ouvert un horizon de questions. Et notamment, il était à la recherche de réponses quant à certaines légendes évocatrices d’une plante dont la floraison rescellerait de pouvoirs et d’effets uniques en son genre. N’était-ce là que le délire de quelques-uns, trop ivres pour conter la tristesse de leur monotonie ? Ou avait-ce été la confession d’une ancienne légende, dont l’essence même reposait sur une vérité qui avait tenté d’être tue ?

Seijuro se souvenait… Trois braves gaillards, écoutant un vieil ivrogne, sur des contrées très éloignées. Des contrées où les shinobis ne sont ni la force pensante, ni la force militaire, mais des désignés comme tant d’autres. Des terres où finalement, la recherche semble s’être dissoute pour laisser place à des vies de débauche, sur les sols si prolifères. En outre, Seijuro s’y était éternisé probablement quelques mois, tout au plus… Mais ce soir-là, soupant en solitaire dans une taverne dite aussi ancienne que les premiers hommes, il avait laissé son écoute s’échapper pour finalement être captivé par cette légende du vieillard. Une ancienne plante, jadis toisant le sommet d’une colline enneigée où les seuls rares puissants rayons de lumière étaient autorisés à pénétrer l’enceinte céleste, gorgeaient alors de leur pleine vitalité la neige éternelle qui fondait alors en quelques rares sphères pour laisser apparaître une terre si riche, et si unique en son essence… Le vieillard racontait également, que certaines formes de loup étaient ainsi attirées par l’odeur de cette terre nouvelle à laquelle ils n’étaient pas habitués à humer la délicate odeur. Transportant alors sur leur pelage poussières et promesses d’autres terres. Une délicate fusion imprégnant le sol, afin de miraculeusement faire naître des années plus tard la rarissime plante qu’il appela Hikari ōkami no tane. Il s’écroula alors à la suite de cette désignation, ivre, baignant alors dans les vomissements sanguinolant que son corps rejetait. Les trois braves hommes se mirent à rire à foison, écrasant la tête du vieillard dans son propre dégorgement, l’insultant au passage de « vieux fou », « d’illuminés » et autres termes indécents. Seijuro était intervenu, car le vieillard semblait pâlir, mais le mal avait été fait. Il avait fini par inhaler ses excrétions putrides, dégradant brutalement sa fonction ventilatoire, et le plongeant dans un état qu’aucun des hommes de ces lieux n’auraient su gérer. La violence semblait être une constante universelle.

Le Junin fixait toujours Kirishitan Hadô, la lame toujours brandie. Quelques secondes tout au plus s’étaient écoulées. Il finit par rompre. La lame s’abaissant délicatement, comme pour un signe de révérence à une nouvelle rencontre. Les premiers instants s’étaient soldés d’une situation au ridicule insondable. Les suivants seraient plus nobles.

« Mes excuses. Je suis Kitto Seijuro. Je reviens d’un long périple, vieux de trois années. »


Il détourna le pas, et pénétra dans l’enceinte de son habitation. Poursuivant alors la discussion, comme pour inviter son nouveau convive à le suivre.

« Milles remerciements de vous être porté gardien de ces lieux Hadô-san. »

Publié le 23/09/2020 à 14h04

Echtaphrène Black Jaguar
Chakra bleu

Eeeeh ? Quèsaco ?
Je crois qu'il est vraiment pas net lui... Un coup il veut m'buter, et l'autre coup il s'excuse et veut m'inviter chez lui. Non mais t'as cru que j'allais rentrer chez toi ? Sale fou. J'suis sur que t'es un de ces barges qui invitent leur proie chez eux, pour mieux les buter dans les conditions les plus atroces. On appelle ça comment ? Ah ouais, un psychopathe. Mon pote, j'te jure je le vois, t'es un psychopathe. Ahah, AHAHAHAH t'as vraiment cru que j'allais rentrer ? Alors... Alors... Pourquoi j'suis en train d'avancer pour rentrer ? Mais putain j'suis encore plus con que ce que je pensais. On est faussement gentil avec moi une demi seconde et boum j'rentre dans le piège. Pourtant c'est pas comme si j'étais pas au courant, j'les vois tes putains de chicots d'araignées, avec la toile qui se tisse autour de toi. Tu m'as pris pour qui ? Tu nous as pris pour qui merdeux ? L'instinct animal, tu l'auras jamais autant que moi, qui que tu sois, et d'où que tu viennes ! T'as capté ça minot ? J'espère bien que c'est rentré dans ton putain de petit crâne. Ici c'est moi le prédateur, toi... T'es quoi ? T'es qui ? Un type aux yeux pas communs... Tu dégages un truc boy.


En fait, j'sais pas quoi penser... J'sais pas si t'es juste ce taré qui va encore tenter de me buter, ou si t'es cette âme en perdition. Ca se voit vraiment qu'il y a un truc... Mais t'sais l'môme... J'suis pas d'ceux qui vont te lâcher comme ça parce que t'as l'air dangereux. Tu crois en la nature gamin ? Mère Nature c'est un concept t'sais... La nature c'est un héritage, c'est ce qui nous dicte en chaque instant en un lieu, pour une action précise. T'appellera ça comment toi dans ton langage d'attardé ? Le destin ? Ouais... C'est sûrement quelque chose comme ça. Alors t'sais, même si j'aurais bien envie de m'pisser dessus parce que t'as ton air de caïd... Moi j'crois à ce putain de destin, et j'crois que si t'es revenu aujourd'hui, et que j'étais là précisément, c'est qu'on nous a prévu un truc en commun. La lune est pleine, j'essaie de voir dans le noir, mais dans les ténèbres rien n'est plus dangereux que d'y croire. Alors... Alors pourquoi tes yeux m'appellent autant ? Pourquoi tes putains de blessures crèvent le coeur d'un simple coup d'oeil ? Hyotsume... Il me brise ce gosse, j'te l'jure y'a un truc déchirant putain...

La main se serrant la poitrine du plus fort qu'il le pouvait, Hadô s'écroula, les deux genoux au sol, alors qu'il venait tout juste d'entrer.

Pourquoi ? Pourquoi...?! Pourquoi maintenant ?!! C'est ça qui te parle toi aussi ? C'est c'que t'attendait connard ? Putain... J'sais même pas si j'suis heureux ou si j'suis en colère après toi, triple connard... Mais si t'es là... Si t'es là... C'est que toi aussi tu l'comprends hein ? C'est que toi aussi tu le ressens si fort la douleur de son âme... Mais, ça veut dire que t'entends pas la mienne... C'est quand même une putain de blague de me partager avec un égoïste comme toi... Un égoïste... Alors...

Les larmes coulaient sur le visage du Kirishitan.

Pourquoi tu décides encore de venir faire ton âme chevaleresque bordel de merde ? Pourquoi je n'aperçois tes formes qu'à travers ma tête... Pourquoi je ne t'aperçois que quand il s'agit d'un autre... J'ai mal, je te jure que j'ai mal depuis que le temps nous sépare... En fait des fois j'ai peur que... Tu partes... Alors, même si je t'en veux... J'crois que c'est le moment pour toi... T'as tes raisons, et t'sais quoi pour une fois j'vais pas faire chier, fais c'que t'as à faire... Juste... J'suis heureux que tu sois là... Vraiment... Je...

Ferme donc un peu ta gueule. Je t'ai assez entendu. Je t'ai assez entendu depuis des années Hadô. T'es vraiment plus con que ce que tu sembles. Ca fait 2ans, ça fait 2ans que t'as pas pris la peine de réfléchir, de trouver un soupçon de réponses à tes interrogations. Je ne sais pas encore ce que je fous avec toi. Il va falloir que tu comprennes que je suis le fruit de ta haine, et pas le fruit de ta peine, sombre sot.

Il se tenait accroupi, avachi, à quatre pattes, la cambrure de son dos aplanie et le torse bombé. Ses doigts crispés semblaient mimer un aspect bestial, tandis que son regard était celui d'un animal curieux de découvrir une scène à laquelle il assistait pour la première fois.

Maintenant fermes la Hadô. Si je suis là, effectivement ce n'est pas pour rien. Mais, je crois que même dans deux cents ans t'auras toujours rien pigé. Alors, je vais faire l'effort, juste pour célébrer ce que t'appelles nos retrouvailles trou du'c...
Ouais, lui là... Lui là c'est pas le même que dans tout ce foutu village de merde. Lui, il a pas qu'un regard qui te frappe cow-boy. Lui, il a cet instinct profond, qui t'attrape... Il a cette aura autour de lui... Une aura qui me fait tout de suite comprendre qu'il n'est pas commun, bien loin de là. Je crois qu'il sait des choses... Je crois qu'il a vu des choses pour nous Hadô. Putain, imagine si j'étais tombé avec un type dans son genre, crois-moi... Crois-moi que tu comprendrais enfin à quel point j'étais puissant.


« Il n'y a pas que "lui" dans ce corps Seijuro. Mais j'crois que c'est pas un truc du genre qui va t'étonner. Qu'as-tu vu au travers de ces yeux aussi arrogants ? Qu'as-tu vu pour narrer la profonde tristesse de cette terre à travers un simple foutu regard ?! »

Publié le 24/09/2020 à 00h04