Les deux fugitives rikiki (Gnihihi)

L'Étrange Fillette | La Petite Faucheuse

L’étrange fillette surplombait les vallées, empruntant des chemins tortueux et accidentés sur des flancs de montagne. Une progression pénible, lente mais sûre. L'élève du dernier Mizukage n’avait pas froid aux yeux. Pour elle, c’était presque une balade de santé comparé aux chasses incessantes qui avaient rythmé son quotidien depuis sa fuite de Kumo. Le pays du brouillard était devenu un vrai nid à vampire. L’absence des Gaikotsu et des rayons du soleil était une formidable occasion pour un Kenketsu d’y séjourner, se nourrir et parfois agrandir ses rangs. Seule, entourée d'ennemis, sans lumière pour alliée, la tâche était trop ardue. La chasseuse-prêtresse avait fait son possible pour exorciser le territoire mais l’heure était venue de partir. C’était d’ailleurs Shinigami-sama qui lui avait confirmé, malgré le fait qu’elle jouissait de sa bénédiction. La Petite Faucheuse savait qu’elle reviendrait, préparée et plus encore. Elle suivait un grand dessein pour honorer le maître de la mort.

Zanshi se consacrait entièrement à cet être supérieur. Sa servitude serait d’autant plus efficace en dehors des sphères d’influence de Kumo. La petite génie s’était suffisamment éloignée pour à nouveau reprendre l’un des moyens de transport préférés des Gaikotsu : se reposer dans une charrette. Les chasseurs de vampire qui avaient reçu l'entraînement adéquat se déplaçaient de jour et quémandaient aux commerçants une place en échange de leur protection. Après plusieurs années de sommeil esquinté, l’étrange fillette n’était pas contre l’idée en apercevant en contrebas un petit convoi. Descendant le flanc de montagne en plusieurs minutes pour d’abord accompagner le cortège de jarre, évaluant visuellement ceux qui le composaient. Nul bandeau de Kumo. Après cette observation, l’exorciste décidait de se présenter à la tête des marchands

« Inura Okashi, samouraï, disciple du maître Yosuke Abarai. Je suis en voyage initiatique mais me voilà perdue et exténuée. Puis-je vous demander votre précieuse aide en échange de ma serviable protection ? »


Un échange intéressant pour des commerçants qui y voyaient l'aubaine d’une escorte gratuite. Zanshi feintait son ignorance quant aux lieux dans lesquels ils se déplaçaient, avant de réclamer une couche. Seule une place était disponible dans une charrette qui avait dû se séparer d’une jarre abîmée.

« Ça m'ira. Ouvrez les yeux et réveillez-moi à la moindre rencontre. Criez si nécessaire. »


S’allongeant et s’adossant contre un rebord intérieur, l’exorciste détachait de sa ceinture le sabre plus grand que sa taille, pour venir le caler contre son épaule, une main sur la garde.

Publié le 20/11/2020 à 18h38

La Peste

Durant notre périple avec les livreurs de vins, les deux bougres se rendaient compte que l'une des jarres était cassée. Heureusement, que la petite Peste usait de son idée de génie en sortant de celle-ci et se cachant en-dessous la charrette pendant que les deux autres se débarrassaient de celle qui était abîmée. La petite fille attendait que les hommes montaient à nouveau à l'avant et se dépêchait de sortir et de monter à nouveau à l'arrière cachée parmi les autres contenants. Jusqu'à là, tout se passait bien et puis soudainement, une inconnue leur demandait de les accompagnés en échange de sa protection. Tu attendais de voir la suite et commençait à paniquer lorsque celle-ci venait se poser à ton ancienne place. Hum... Et si tu lui faisait un petit tour digne de ta personne ? Attendant que la jeune fille s'endormait un peu tu lui tendais les seuls billets qui te restaient et lui mettait sous le nez.

« Hey ! Pssssst. Pas un bruit et ne les alarme pas. Ils ne savent pas que je suis là. »

Chuchotait-elle. Tentait-elle de de corrompre l'autre ? Absolument que oui ! Pourquoi après tout, elle semblait forte et peut-être qu'elle pouvait l'accompagner et retrouver sa grande sœur en sa compagnie ? Comment réagirait la blonde ?

Publié le 22/11/2020 à 13h50

L'Étrange Fillette | La Petite Faucheuse

L’exorciste somnolait, bercée par les remous des longues carrioles sur le chemin de terre. Un instant de repos qu’elle se devait de saisir tant elle le pouvait encore. Dans les plaines de Hai, nul brouillard ne persistait le jour. Aucun vampire ne viendrait la cerner. En dehors des ruines de Kiri, ils pullulaient beaucoup moins. Tandis qu’elle rejoignait peu à peu les bras de Morphée, vite remplacés par ceux de Shinigami-sama, des mystérieux billets lui chatouillant le nez venaient lui retirer cet instant de bonheur. Relevant la tête, un regard furieux criblait la jeune fille, suivi d’un dégainement partiel du katana. L’absence de yeux rouges et de chevelure de jais l’empêchait de simplement ôter la vie de la clandestine.

Même si la Miwaku était fautive d’un éloignement onirique, la civile était clairement une fuyarde. Ce n’était pas pour déplaire la blondinette, reprenant son calme, rengainant et s’adossant à nouveau contre le rebord, sans piper un mot. Le sifflement naissant du fer avait peut-être déjà attiré l’attention. Elle mettrait cela sur le dos d’un cauchemar si on venait lui poser des questions. Au bout de quelques croisées de chemin, les marchands discutaient à propos de l’approche d’une petite ville. Il était temps de s’en aller. Se déplacer sans laisser de trace commençait par éviter ces agglomérations de bâtiments. S’approchant de la jarre, la Petite Mort murmurait telle une Banshee à l’enfant :

« Eh, caches toi derrière le rocher qui va venir derrière toi. »


Zanshi, elle, sautait de la charrette de l’autre côté, en interpellant les marchands :

« Messieurs ! Messieurs ! Merci à vous pour m’avoir fait retrouver mon chemin, j'espère que vous avez voyagé l’esprit tranquille. Mon initiation m’interdit tout confort, c’est ici que nos chemins se séparent. »


Bougeant sa main de droite à gauche pour imiter des adieux émouvants, la Prêtresse-Chasseresse n’en pensait rien. Patientant jusqu’à ce que le convoi circule et s’éloigne, l’exorciste rejoignait sa comparse fugitive. Aussitôt, elle s’emparait d’une poignée confiante une liasse de billets, commençant à compter. Si elle l’avait aidé, c’était pour mieux passer inaperçu. Si la gamine se faisait prendre, des questions seraient posées. Un cheminement de question qui ménerait jusqu’à la Gaikotsu.

« Je contourne la ville, tu veux venir ? »

Publié le 23/11/2020 à 17h33