Nue et docile, je me tenais désormais allongée devant mon maître. Mes poignets et chevilles avaient naturellement pris place entre les lanières. Il ne m'avait fallu que quelques secondes avant de comprendre que celles-ci avaient une particularité. Je sentais la fraîcheur du métal et l'accroche des picots qui décorait l'intérieur des attaches. J'avais hâte, hâte qu'il les serra avec violence, hâte de sentir ces morceaux de métal déchirer ma chaire et finalement, cela arriva. Un halètement m'échappa lorsque les lanières se resserrèrent sur ma cheville. Je ne pus m'empêcher de cambrer sous la pulsion du plaisir. Et c'est seulement à ce moment que je compris toute la beauté de son mécanisme. Chaque fois que je cambrerai sous le plaisir grimpant, ma chaire serait davantage déchiqueté, me causant davantage de douleurs... Ou de plaisir devrais-je... Seketsu était un maître dans son domaine.
Une fois mes quatre membres immobiliser, moi, totalement à sa merci. Je n’avais d’autre choix que de le fixer du regard, allongé sur le ventre, le menton dressé sur la table. Sekutsu tournait autour de moi, tout sourires, une lueur de plaisir dans ses yeux jaunes, avec à la main une cravache. Comme convenu, je me mis à sangloter de soulagement lorsque le premier coup vint flétrir ma peau. Devant moi, le visage jouissif de Sekutsu flottait dans un brouillard, un brouillard purement imaginaire, créer de toute pièce par le plaisir que la douleur me procurait. Mon dos était en feu et j’accueillais avec joie son horrible agonie. Chaque coup me faisait cambrer et chaque cambrure me cisaillait les poignets. Je retenais mes cris, je les étouffais dans ma gorge, il était encore trop tôt pour que je puisse exprimer ce plaisir grandissant entre mes entrailles.
Je n'étais qu'au début, au commencement d'une séance qui j'en étais déjà certaine, allait se montrer créatif. Sekutsu me laissa quelques instants de répit. J'entendis ses bruits de pas dans mon dos, j'étais incapable de voir ce qu'il manigançait. Mais rapidement, la séance reprit, d'une manière bien sauvage. J'étais encore incapable de comprendre ce qui m'arrivait, mais je sentis ma peau se déchirer au niveau de mes omoplates. La douleur, était-elle que cette fois-ci, je criais, de plaisir ou de douleurs, j'étais incapable de dissocier les deux. Toujours était-il que je souffrais au rythme du carnage que le maître me faisait subir. Je pouvais sentir le sang couler sur mon dos, ma peau tirée et alourdit par des ustensiles qui me traversaient. J'étais incapable de savoir ce que cet expert pratiquait sur moi, mais j'étais sûr d'une chose... j'aimais cela malgré le manque de raffinement ! Et alors que je le sentis trifouiller dans mon dos, il prononçait une parole évangélique, me promettant le septième ciel ou l'enfer. Et alors que mes oreilles écoutaient le cliquetis d'un mécanisme, je sentis ma peau se séparer de son ossature. Bien évidemment, ceci n'était guère réel, ma chaire était encore bel et bien fixer à mes entrailles, mais, j'avais cette drôle de sensation de déchirement... Et je compris bien rapidement, mon corps commençait à quitter la surface. J'avais payé pour de la souffrance et voilà que je dégustais de la douleur extrême. J'avais déjà combattu, goutté d'innombrable blessure, jouit sous les coups de fouets, orgasmé sous les aiguilles... Mais jamais, mon corps ne s'était retrouvé suspendu dans le vide via sa propre peau. Et alors que j'étais tiré vers le haut, mes accroches au niveau des poignets et des cheville m'empêchait de monter davantage. Je subissais un écartèlement des plus inquiétant...
Mes sanglots étaient devenus des pleurs, mes halètements étaient devenus des cris, mon plaisir était devenu un orgasme... Je ne sais pas combien de temps cela dura. Une éternité, me sembla-t-il ,et ce n’était pourtant pas assez longtemps. Lorsque la manivelle s'arrêta, j'aperçu mon tortionnaire et la table, tout deux constellé de mon sang.
Je ne parlerais pas davantage de l'instant où mes seins firent ligotées et compressé entre les mains de Maître Sekutsu. Je ne parlerai pas de sa langue parcourant mon corps... Je n'en parlerai point, car ce n'était pas ce que je cherchais, du moins, plus maintenant, nous étions à un stade bien trop avancé pour se laisser aller à ce genre de fantasy. Nous étions dans le concret, dans le répugnant, dans l’extrême. Maître Sekutsu était un excellent tortionnaire, aux pratiques douteuse et ingénieuse. Mais je lui reprochais une chose.... Il était trop bavard et se perdait dans ses pratiques, oubliant qu'on ne le payait pas pour son plaisir personnel. Au vu du prix qu'il facturait, je me devais de lui faire un rappel à l'ordre, malgré l'état dans lequel je me trouvais...
« Ta gueule ... Et enlève ta langue de mon corps, sale vicieux ! Et fais moi jouir !!!! »
La douleur était présente, ceci n'était pas réfutable. Mais, je cherchais plus que cela, je cherchais l'art de faire souffrir. Celui qui me ferait jouir d'une souffrance subtile, travaillé, précise... Je désirai un artiste, et non pas un chirurgien boucher... Tendu par les quatre côtés, le visage rougit et les joues humide de mes larmes, j'étais malgré cela, en train de prendre mon pied...