Yosei eut un sursaut de surprise lorsqu’Owari la salua. Elle avait été trop occupée à fuir cette odeur de pourriture qui lui enflait le nez, et qui l’avait mené en dehors de cet hôpital.
À la vue de la Kenketsu, elle ressentit enfin l’air frais qui l’entourait, ses relents se calmèrent et elle se donna finalement la permission de respirer. Yosei s’apaisa en même temps et le calme pris place devant ses visions, elle desserra la poigne qu’elle exerçait sur son arc, si serrée qu’elle crut qu’en la défaisant ses os allaient se briser. Elle passa son arme sans flèches autour d’elle pour ne pas qu’il la dérange, et massa sa main douloureuse avec l’autre. Elle se sentait mieux, comme si toute pression s’était envolée, comme si toute vision ne reviendrait plus jamais, ne lui laissant que ses authentiques souvenirs tragiques, brouillées par le chagrin et la culpabilité. Mais elle savait que ce n’était pas aussi facile.
« Non... C’est juste que... Je ne supportais plus d’être enfermée »
Yosei n’avait pas voulu partir, elle n’avait pas eu en réalité la liberté d’y penser, elle n’avait fait que fuir de façon urgente et par nécessité.
Sa voix fut bien mieux que ce qu’elle n’espérait, mais elle n’était pas non plus parfaite. Elle avait prononcé sa dernière phrase en regardant Owari dans les yeux, chose qu’elle n’avait pas été capable de faire un peu plus tôt à cause de ses légers vertiges qui, désormais, la laissaient tranquille.
Sur le chemin de sa fuite, elle avait en réalité complètement oublié l’existence de Chiemi et d’Owari ainsi que leur rencontre et du lieu dans lequel elle se trouvait. Elle n’avait été concentrée que sur l’unique but de sortir de cet enfer. Mais maintenant que l’une d’entre elles se tenait en face de Yosei, elle s’en rappelait.
« Chiemi n’est pas avec toi ? »
C’était la première question qui était venu à son esprit, et une des seules qui transperçaient ses souvenirs répétitifs.